Hors Champ

Les amatrices et les amateurs de photographie le savent : le hors champ, c’est “l’ensemble des éléments qui n’apparaissent pas dans le cadre d’une image”.

Si le hors champ n’est donc pas capté directement par le photographe, il peut néanmoins être suggéré par divers éléments de l’image, que les observateurs les plus avisés ne manqueront pas de repérer.

L’effet recherché : faire travailler l’imagination du lecteur en lui laissant deviner ce qu’il ne voit pas, tout en lui laissant la liberté et la possibilité de voir autre chose que ce que le photographe a volontairement décidé de laisser en dehors du cadre.

Transposé au domaine de la stratégie d’entreprise ou à celui des politiques publiques, le “hors champ” représente alors l’ensemble des processus – naturels, (géo)politiques, sociaux, économiques, technologiques, etc. – à l’oeuvre dans l’environnement d’une organisation (entreprise, organisation internationale, administration publique, association, etc.) et que cette dernière semble ignorer, ne pas considérer, ou encore ne pas savoir interpréter.

Si dans les arts – photographie, peinture, cinéma, théâtre, etc. – le hors champ peut contribuer à enrichir l’esthétique de l’oeuvre et l’expérience vécue par le lecteur ou le spectateur, il peut au contraire appauvrir voire carrément rendre inadaptée la réflexion stratégique d’une organisation qui ne se soucierait justement pas d’explorer aussi régulièrement et rigoureusement que possible les forces de transformation à l’oeuvre dans son environnement et qui jusque-là lui échappent.

L’objectif du projet «Hors champ» porté par l’atelier des futurs : mobiliser l’intelligence collective pour explorer ce qui semble encore échapper ou, en tout cas, ne pas être appréhendé dans la fabrique des stratégies d’entreprise et des politiques publiques.
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