Ainsi, l’un des éléments essentiels de la stratégie militaire classique a-t-il toujours été de comprendre plus vite que l’adversaire les transformations de la guerre et par conséquent d’être en mesure de prévoir l’influence des facteurs nouveaux. Ceux-ci ont otut à tout permis ou empêché la défense victorieuse des places fortes, la bataille décisive, ou les opérations foudroyantes. Par grandes phases successives, la guerre s’en est trouvée tantôt « courte et joyeuse », tantôt éuisante et prolongée, tantôt même incapable de résultats substantiels. À chaque changement de phase, les contemporains en ont été désorientés parce que les recettes anciennes avaient perdu leur pouvoir. Mais les recettes nouvelles qui paraissaient répondre définitivement aux difficultés rencontrées, n’ont toujours eu qu’une efficacité éphémère. C’est donc la pleine compréhension du mécanisme de l’évolution du caractère décisif des forces armées qui constitue la clef principale de la stratégie militaire.