
Le vrai risque pour l’humanité serait de s’abandonner à l’IA
Guillaume Grallet est rédacteur en chef Sciences et Tech au magazine Le Point. Avec Pionniers. Voyage aux frontières de l’intelligence artificielle (Grasset), il signe un ouvrage de référence pour saisir l’impact

Anthromimie
L’anthromimie désigne le phénomène par lequel les intelligences artificielles et les plateformes numériques imitent les comportements sociaux humains tout en façonnant en retour ceux de

Obsolescience
L’obsolescience désigne le processus par lequel les savoirs et savoir-faire deviennent rapidement périmés, non par l’évolution naturelle des connaissances, mais par une accélération artificiellement entretenue.

Datadindisme
Le dindinisme consiste à avoir une vision du futur qui soit la continuation du passé. Ayant une confiance dans la stabilité des tendances, on néglige

Le show et le froid
L’invention d’un nettoyeur de débris spatiaux permet au Liechtenstein de devenir une grande puissance spatiale. L’euphorie transforme le pays en centre financier galactique. Des accidents

Les kilos de la colère
La France est à l’arrêt. Partout dans le pays, des millions de personnes déferlent dans les rues, exigeant la démission du Président et la dissolution

Game Over
Établi sur des technologies immersives et de réalité augmentée, un jeu transforme des joueurs en criminels. L’entreprise est condamnée pour crime contre l’autonomie mentale. Le
Il y a un vrai danger à vouloir absolument que le connu suffise à expliquer les effets, à lui attribuer par conséquent une importance indue.
Les analphabètes du XXIe siècle ne seront pas ceux qui ne savent ni lire ni écrire. Ce seront ceux qui ne savent pas apprendre, désapprendre et réapprendre
La fonction principale de notre cerveau, observait Laborit (1976), n’est pas de penser mais d’agir et de rechercher la stabilité interne de son organisation. Le paradoxe du cerveau concernant l’apprentissage, compris comme une transformation structurelle, c’est qu’il recherche cette stabilité alors même qu’il est la condition de l’émergence du nouveau grâce à sa plasticité (Varela). Il s’agit bien, pour a-prendre, de résister à la fixité…, d’accepter de perdre, de réviser ses croyances, ses routines. Cet équilibre entre la stabilité et l’instabilité est bien la marque de l’apprenance. C’est la posture de l’équilibre instable, qui est la condition de l’engagement dans le développement de soi.
Dans un univers en mouvement, dans un marché en évolution, l’immobilisme est au mieux une régression, au pire une auto-destruction.
Si vous faites ce que vous avez toujours fait, vous obtiendrez moins que ce que vous avez toujours obtenu.
Le monde n’existe que parce qu’il est en mouvement. Devenir est plus important qu’être. Le désir d’apprendre devrait toujours être supérieur au désir de comprendre.
La bêtise, c’est de la paresse. La bêtise c’est un type qui vit, et il se dit : ça me suffit. Ça me suffit. Je vis, je vais bien, ça me suffit. Et il se botte pas le cul tous les matins en disant : c’est pas assez, tu ne sais pas assez de choses, tu ne vois pas assez de choses, tu ne fais pas assez de choses. C’est de la paresse je crois la bêtise. Une espèce de graisse autour du coeur qui arrive ; une graisse autour du cerveau. Je crois que c’est ça.
Il vaut mieux se taire et passer pour un con plutôt que de parler et de ne laisser aucun doute sur le sujet.
Ne plus envisager, ne plus oser (la récession) est un symptôme typique des transformations silencieuses – dans sa capacité à manifester, symptôme fait entendre, suivant son étymologie, la dimension de ramification et de conjonction de l’enfoui ; indice, par contraste, la capacité à se détacher propre à ce qui se promeut en signe.
Ne plus oser (songer à) courir, se baigner dans la mer froide, est un symptôme de vieillissement-renoncement.
Ou c’est à ce qu’on n’envisage plus (ne conçoit plus) de dire à l’autre, qu’on garde peu à peu pour soi sans même qu’on y prenne garde, et qui retourne au silence, que se mesure, comme sur un baromètre, la baisse ambiante d’un amour en train de se dénouer.
Or, que se rétracte en nous l’énergie vitale, ou la confiance en l’autre, il n’y a guère là à attendre de signe positif, en plein, saillant, intéressant : il n’y a pas là événement mais érodement.
Un tel retrait ne s’affiche pas, et c’est tout le situationnel qui globalement s’y trouve impliqué : une accumulation ou sécrétion négative s’est épaissie ainsi de jour en jour qui dresse un mur de plus en plus opaque, massif bien qu’invisible, qui nous sépare peu à peu des anciens possibles et les fait indéfiniment reculer, puis les fait oublier.
Ce qui vaut aussi sur le plan politique. N’est-ce pas ce rétrécissement des possibles (qui fait qu’on n’ose plus, n’envisage plus et même ne s’étonne plus de ne plus oser) que devraient se préoccuper les dirigeants […] plutôt que d’invoquer telle ou telle cause de malaise assignable ?
Télègue, voiture russe à quatre roues, quand elle part, et à deux roues, quand elle arrive.



















