
Q309 · Faire place aux enfants du climat
La novlangue climatique adore les générations futures. Depuis 1987, le développement durable cherche ainsi, sans grand succès, à « répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins ». Les générations à venir ont ceci de commode, qu’elles ne peuvent pas répondre.
Premièrement : la survie est la nécessité première de toute civilisation ; deuxièmement : une civilisation ne cesse de croître et de s’étendre, tandis que la quantité totale de matière dans l’Univers reste constante.
Contre l’ankylose du caractère, il n’est pas de protecton plus sûre qu’un cerveau encore souple, dans un corps encore irrigué par un sang généreux.
Le plus grand isolement, c’est d’être entouré de gens qui pensent comme vous.
« Quand l’effet advient, ne pas s’y fixer ». Le sage/stratège ne cherche pas à se l’attribuer, il ne s’en fait pas un mérite. Car, dès lors qu’on s’attribuerait l’effet, on entre dans une logique d’appropriation qui ne peut que le pénaliser, tout ce qu’on « occupe » étant destiné à être « quitté », et cette appropriation, rejaillissant sur l’effet, le faisant contester ; « occuper l’effet » implique que, l’occupant comme une position, on empiète du même coup sur celle des autres, et l’effet se trouve compromis par cette rivalité, sa durée n’est plus sûre. Il suffit, en revanche, de ne pas occuper l’effet pour qu’il « ne nous quitte pas » : au lieu de le précariser en le rivant à sa personne, on le laisse appartenir au monde qui l’a fait exister – on le rend à son immanence.
Face à l’incertain et au brouillard de l’action, c’est moins de puissance cérébrale que de sagesse dont on a besoin, et la sagesse ne peut s’acquérir que sur le terrain à partir d’une posture d’humilité malheureusement peu commune chez les esprits supérieurs.


