
Q340 · L’humain comme variable inconnue
Les organisations investissent massivement dans la modélisation des futurs. Elles cartographient les ruptures technologiques et des scénarios géopolitiques, mais ce qu’elles ont des difficultés à modéliser, c’est la variable qui déterminera comment ces scénarios peuvent être traversés : la qualité de l’interdépendance entre les humains qui seront en leur cœur.

Synthonésie
La synthonésie désigne une connaissance produite à la demande par une intelligence artificielle. Le savoir n’est plus un document que l’on stocke et consulte. Il

Smartouille
La smartouille est un geste devenu naturel. En quinze ans, il a colonisé nos corps. Chaque jour, nos doigts effleurent, tapotent, glissent sur nos écrans

Réparience
La réparience est la pratique collective de la réparation. Des lieux et des moments réguliers où les gens se retrouvent pour remettre en état des

Des pissenlits pour nos racines
Par une lettre adressée à sa fille victime des pesticides présents dans les fleurs, une fleuriste raconte la disparition des fleurs de notre quotidien et

La vieille hackeuse et la mer
Face à l’absurdité d’un monde où les aliments et objets voyagent des dizaines de milliers de kilomètres avant d’arriver chez nous, la hackeuse Sappho frappe

Le procès de l’intelligence
L’intelligence artificielle est jugée pour son rôle dans la régression intellectuelle de l’humanité. La disparité des opinions révèle les paradoxes d’une technologie qui façonne notre
Se qualifier, c’est se classifier. Se classifier c’est se perdre.
Le modèle de souscription par abonnement pour acheter de la musique est une mauvaise piste. Les gens nous l’ont dit et répété : ils ne veulent pas louer leur musique.
On ne tombe vraiment amoureux que lorsqu’on ne s’en rend pas compte.
Vouloir progressivement monopoliser l’initiative à son profit, à la guerre comme dans le rapport de parole, ne signifie pas pour autant qu’on ait à initier la situation. Il en va même tout le contraire, puisque, tandis que celui qui initie est toujours plus ou moins contraint à se hasarder, et par là s’épuise à frayer la trace, celui qui suit bénéficie de tous les repères nécessaires pour ne plus avoir à s’aventurer et évolue d’autant plus à l’aise qu’il sait sur quoi se guider. Lui a prise et l’autre non.
Sa conduite en acquiert une rigueur et une détermination, et par suite une force injonctive, qui réagissent en sous-main sur la relation initiale au point que, progressivement, tout en ne cessant de s’adapter à l’autre au-dehors, il est de plus en plus en mesure de le régir intérieurement.
Autrement dit, en ne cessant de suivre et de se laisser porter par-devant, on accède à une position beaucoup plus riche d’effet possible, dans son retrait, que le devant besogneux du devancier : la capacité d’initiative se révèle moins au début qu’à la fin, elle aussi est le fruit d’une évolution, elle s’obtient par accumulation et se manifeste comme un résultat.
Éduquer d’accord, vous me direz, mais à quoi ? À ce qui fait nos routines et nos quotidiens d’utilisateurs, déjà. À la manipulation de notre attention ensuite. À la prise de distance. Et interroger. Pour ouvrir les crânes, pour sortir des tunnels stimuli-réactions. Interroger tout ce que le numérique transforme en nous, sans cesse, et tout ce que ça traverse. Interroger la psychologie que ça mobilise, les rapports sociaux que ça forme, les enjeux philosophiques que ça soulève, et la politique qui en découle. Interroger ce que peut encore l’État, ce que peuvent encore défendre ou réguler le droit et les lois.







