Q346 · Expliquer la prospective… sans un mot

2 octobre 2026
2 mins de lecture

Peut-on expliquer la prospective sans écrire un seul mot ?

Parler des futurs, des ruptures, des transitions, des scénarios, des menaces, des opportunités et même de ce que nous ne savons pas encore… uniquement avec des formes ?

Au départ, la motivation était très pragmatique. J’effectue régulièrement des présentations dans différentes langues… et donc plus un support contient de texte, plus il faut le traduire, l’adapter, le vérifier.

La solution semblait donc simple : enlever les mots.

Mais en les supprimant, quelque chose de plus intéressant est apparu.

Moins de mots, plus de liberté

Cela est simple : un support sans texte ne dicte plus ce qu’il faut dire.

Il devient possible d’improviser, d’insister sur un élément plutôt qu’un autre, de changer de vocabulaire ou de niveau d’explication en fonction de son public.

Car on ne parle évidemment pas de prospective de la même manière à un dirigeant d’entreprise et à un enfant de huit ans.

Mais pourquoi ne pourraient-ils pas regarder la même image ? La forme reste. Le discours change.

Moins de mots, plus d’attention

J’ai également remarqué autre chose, toujours passablement logique.

Lorsqu’il n’y a rien à lire à l’écran, on écoute davantage celui ou celle qui parle.

Le visuel seul reste volontairement incomplet. Il intrigue. Il peut être interprété. Il appelle une explication et, parfois, une discussion, car si une présentation dit déjà tout, que reste-t-il au présentateur ?

À l’inverse, se passer complètement de support visuel revient à renoncer à un puissant moyen de transmission.

L’enjeu n’est donc pas de supprimer le visuel, mais de lui redonner sa juste place : ne pas remplacer le discours, mais lui donner forme.

Et si les formes suffisaient ?

Il y avait enfin une autre motivation derrière cette expérimentation.

Je voulais trouver une manière plus simple et plus logique de parler de prospective, sans dépendre de métaphores graphiques ou de représentations devenues tellement familières qu’on finit parfois par oublier de les questionner. 

Le cône des futurs en est un bon exemple : il suggère une forme de continuité et laisse penser que plus un futur est éloigné dans le temps, plus il peut s’écarter du présent. Une représentation qui peut donner une fausse impression de sécurité, comme si les ruptures les plus importantes ne pouvaient survenir que dans un avenir lointain.

Une représentation visuelle n’est jamais complètement neutre. Elle peut aider à penser, mais elle peut aussi introduire, presque silencieusement, certaines hypothèses sur le temps, l’incertitude ou les futurs possibles.

D’où cette tentative : revenir à des formes aussi élémentaires que possible et voir jusqu’où elles peuvent nous emmener.

Ce qui suit est l’état actuel de cette exploration, une sorte d’instantané dans un cycle d’itérations.

À vous maintenant de regarder ces formes et de voir ce qu’elles vous racontent et ce qu’elles vous donnent envie de questionner.

Ce qui serait vraiment fantastique est de laisser votre avis ou votre impression en commentaire de façon à passer à l’itération suivante !

Et vous, qu’en pensez-vous ?
N’hésitez pas à :

1. partager votre avis ?
2. nous laisser un petit mot ?
3. rédiger un article ?

4 Comments Laisser un commentaire

  1. La critique du cône des futurs est particulièrement juste : cette ouverture progressive instille l’idée trompeuse que l’imprévu majeur attend sagement le long terme pour surgir. En supprimant le texte au profit de formes pures, ne risque-t-on cependant pas de laisser l’auditoire projeter ses propres biais cognitifs sur ces visuels incomplets, au détriment de la rupture que l’on cherchait justement à faire émerger ?

    • Bonjour !
      Merci pour avoir pris le temps de laisser un commentaire !
      Vous avez entièrement raison. Les visuels doivent être accompagnés d’explications et si possible d’anecdotes (cela est toujours plus captivant !). Le titre est un petit peu trompeur dans le sens que seules les visuels ne comportent pas de mot, laissant au présentateur toute la liberté du discours en fonction de son expérience personnel tout comme de l’auditoire auquel il fait face.
      La rupture (toute relative) est pour moi dans le gain de temps de préparation des présentations et un petit peu tout de même dans la façon de présenter la prospective sans les traditionnelles illustrations. Celles-ci, je vous le concède, sont introduites par la suite lorsque le contexte le requiert.

  2. Bonjour,
    J’utilise les 33 lignes d’évolutions de TRIZ où chaque étape sur chaque ligne est illustrée par un objet. Ca va un peu dans le même sens.

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