Aussi bien, avons-nous jamais, durant toute la campagne, su où était l’ennemi ? Que nos chefs aient toujours imparfaitement connu ses véritables intentions et, pis encore peut-être, ses possibilités matérielles, la mauvaise organisation de nos services de renseignements suffit à l’expliquer. Mais l’ignorance où, sur le moment même, nous avons perpétuellement été de ses mouvements, eut pour cause, avant tout, un constant décalage dans l’appréciation des distances.

Notre propre marche était trop lente, notre esprit, également trop dépourvu de promptitude, pour nous permettre d’accepter que l’adversaire pût aller si vite.