L’écart met sous tension ce qu’il a séparé et le découvre l’un par l’autre, le réfléchit l’un sans l’autre. Aussi déplace-t-il avantageusement l’angle de vue : non seulement de celui de la distinction, propre à la différence, à celui de la distance et, par suite, du champ ouvert dans la pensée ; mais aussi, conséquemment, de la question de l’identité à l’espoir d’une fécondité. Il donne à considérer la diversité des cultures ou des pensées comme autant de ressources disponibles, dont peut tirer parti tout intelligence pour s’agrandir et se réinquiéter – qui ne sont donc pas à laisser perdre, comme risque d’y conduire l’uniformisation contemporaine, du fait de la mondialisation, mais à exploiter.