Or ne sait-on pas, comme le reprend chez nous poétiquement Ronsard, que ce n’est pas temps, mais bien « nous » qui « passons » : qu’il n’y a, à plus ou moins large échelle, que des processus individuels de transformation ? Ou l’on ne voit pas un auteur chinois dir, comme nous le faisons si communément, à l’instar de Pascal : « le temps guérit les doucleurs et les querelles » (et de même Proust). Car nous savons bien, et Pascal tout autant, que c’est nous, individuellement, qui changeons et que « les douleurs et les querelles », comme les amours, sont portées d’elles-mêmes, c’est à dire par leur propension, à se renverser en indifférence, ou bien s’épuisent dans la durée.