Le blababanc est un banc destiné à discuter, à échanger, à écouter. Les personnes qui s’assoient sont ouvertes à la discussion. Elles consentent à vivre une aventure humaine avec une personne inconnue.
Le blablabanc est un concept simple d’une grande portée. Un blablabanc installé, c’est dix conversations qui naissent. Dix conversations, c’est cent sourires échangés. Cent sourires, c’est mille préjugés qui s’effritent.
Le blablabanc est une arme de destruction massive contre l’indifférence. Pendant que les géants du numérique se battent pour capter nos attentions, ils nous rendent attentifs à nos voisins.
Chaque minute passée à papoter sur un blablabanc est une minute volée à l’algorithme et rendue à l’imprévu, au spontané, au vivant. C’est du temps libéré de la tyrannie du scroll permettant de retrouver le plaisir archaïque de la surprise.
Le blablabanc est un outil rentable. Il permet d’économiser les 80 euros pour parler à un professionnel et l’argent pour soigner les névroses provenant tant des épidémies de solitude que de la déconnexion avec le réel.
Le blablabanc transforme les anonymes en voisins. Les vieux arrêtent d’être des râleurs insupportables pour être des mines de savoirs et d’humour. Les jeunes ne sont plus des dealers sans valeurs, mais des individus qui cherchent à se construire dans un monde bien saccagé.
Le blablabanc réinvente l’art de vivre ensemble sans rien imposer. Ils permettent de croiser le regard d’inconnus dans une époque où seuls les écrans ont ce privilège.
Ils réparent des liens et proposent une résistance joyeuse à l’atomisation de la société.
Dans l’esprit, on peut aussi imaginer…
- La blablafil. Dans cette fil, on échange recettes de soupe poireau pommes de terre contre réflexions météorologiques.
- La blablaviette. Sur la plage, cette serviette de bavardage permet d’attirer adonis, sirènes et autres mammifères sociaux.
- Le blablapluie. Avec ces parapluies partagés, les « cloud » rendent enfin sociables.
- La BlablaPique. Une nappe indique qu’ici on épluche ses oeufs dur ensemble et qu’on peut parler la bouche pleine.
Pour en savoir plus :
- Le Parisien | Favoriser le dialogue entre habitants
a deux doigts d’inventer le banc…
ces mêmes bancs retirés pour ne pas que des indésirables squattent les centres-villes , c’est cocasse