Ce n’est pas l’Ecole de Guerre seulement qui arme mal pour l’action. Non certes que, dans nos lycées, on puisse lui reprocher de négliger le monde contemporain. Il lui accorde, au contraire, un place sans cesse plus exclusive. Mais, justement, parce qu’il ne veut plus regarder que le présente, ou le très proche passé, il se rend incapable de les expliquer : tel un océanographe qui, refusant de lever les yeux vers les astres, sous prétexte qu’ils sont trop loin de la mer, ne saurait plus trouver la cause des marées. Le passé a beau ne pas commander le présent tout entier.
Sans lui, le présent demeure inintelligible. Pis encore peut-être : se privant, délibérément, d’un champ de vision et de comparaison assez large, notre pédagogie histoirque ne réussit plus à donner, aux esprits qu’elle prétend former, le sens du différent ni celui du changement.