
Q312 · Pourquoi donner une mémoire aux futurs ?
L’idée peut sembler étrange au premier abord. Une bibliothèque des savoirs des futurs ? Les pluriels intriguent, le concept interroge, et l’ambition peut paraître démesurée.
Une pensée de la complexité est aussi, par force, une pratique de la simplicité.
Je répondrai en style minijupe, c’est-à-dire suffisamment long pour couvrir l’argument et suffisamment court pour le rendre intéressant.
Observé sur la longue durée, d’après ses faits et non ses dires, le politicien de la pensée qu’est l’intellectuel s’avère aussi acoustico-dépendant que le politicien tout court : il va là où le mot «porte», et peut le mieux réverbérer sur les «gens qui comptent».
L’intellectuel est d’abord l’homme de l’efficacité, l’intelligence passe après (elle n’est pas définitoire, en dépit des apparences)
La frontière est l’autre nom de la peur. Sa matérialisation physique. Une frontière est faite de grillages barbelés à l’espoir d’une sécurité impossible.Un jour, on comprendra peut-être qu’il n’existe pas de formule sociopolitique pour être tranquille d’avance. Une société qui espère cette sérénité se suicide comme société libre.
Moi j’aime celles qui fabriquent des ponts – pas des murs. La formule est facile ? Elle pose bien la difficulté pourtant : faire un pont exige de l’art, une mise à niveau des berges, l’enjambement d’un fleuve, des piliers qu’on construit, des culées, des arcs et des câbles intelligemment tendus. Faire un mur demande juste | des briques.


