
Q305 · Comment habiter le futur à l’heure des temporalités plurielles ?
L’Europe planifie, le Vietnam s’adapte. Deux régimes du temps, deux manières d’inventer le futur. Entre mémoire et mouvement, le Vietnam incarne une innovation singulière : non pas celle de la rupture,
La prospective est un support de projection, elle digère les données visionnaires pour les traduire et les rendre plus accessibles. Elle vulgarise la pensée complexe, et le vocabulaire ainsi que la manière d’aborder les choses.
Le secret est que le prince ne partage avec personne, pas même avec ses parents ou ses familiers ; la complète dissymétrie des rôles, ensuite, et l’antagonisme des positions : pour conserver entier le potentiel de situation que constitue sa position souveraine, le prince doit considérer tous les autres, à l’intérieur de son royaume, comme autant d’adversaires à soumettre à son autorité ; la prise sur autrui permettant de le dominer : de même que le stratège a barre sur l’ennemi grâce à la disposition que prend celui-ci, le prince a barre sur tous ses sujets en les rendant visibles par la surveillance et le contrôle imposés (en même temps que lui-même se garde de laisser voir aucune disposition intérieure, de joie ou de colère, pour ne pas donner prise sur lui) ; la réduction de l’autre à la passivité : dès lors qu’il est seul à tenir les commandes (des récompenses et des châtiments), le prince polarise sur son trône toute autorité, et personne ne peut lui résister ; enfin, l’illusion entretenue par le peuple sur son propre intérêt : conduit par le désir des récompenses et la peur des châtiments, tout sujet croit suivre son profit personnel sans se rendre compte qu’il travaille seulement à conforter le pouvoir de son oppresseur.
Parfois, les choses les plus réelles ne se passent qu’en imagination, Óscar. Nous ne nous souvenons que de ce qui n’est jamais arrivé.
La bêtise, c’est de la paresse. La bêtise c’est un type qui vit, et il se dit : ça me suffit. Ça me suffit. Je vis, je vais bien, ça me suffit. Et il se botte pas le cul tous les matins en disant : c’est pas assez, tu ne sais pas assez de choses, tu ne vois pas assez de choses, tu ne fais pas assez de choses. C’est de la paresse je crois la bêtise. Une espèce de graisse autour du coeur qui arrive ; une graisse autour du cerveau. Je crois que c’est ça.
Vous ne devriez jamais reprocher à quelqu’un de mal pratiquer tant que vous ne lui avez pas appris à bien pratiquer.
L’un voulait avoir la Théorie des frottements en vingt volumes, l’autre la Compilation des problèmes électriques, celui-ci le Traité pratique du graissage des roues motrices, celui-là la Monographie du nouveau cancer cérébral.
Les Harmonies Électriques de Martillac, ouvrage couronné par l’Académie des Sciences, les Méditations sur l’oxygène de M. de Pulfasse, le Parallélogramme poétique, les Odes décarbonatées…
Car l’histoire est, par essence, science du changement. Elle sait et elle enseigne que deux événements ne se reproduisent jamais tout à fait semblables, parce que jamais les conditions ne coïncident exactement. Sans doute reconnaît-elle, dans l’évolution humaine, des éléments sinon permanents du moins durables. C’est pour avouer, en même temps, la variété, presque infinie, de leurs combinaisons. Sans doute admet-elle, d’une civilisation à l’autre, certaines répétitions, sinon trait pour trait, du moins dans les grandes lignes du développement. Elle constate alors que, des deux parts, les conditions majeures on été semblables. Elle peut s’essayer à pénétrer l’avenir ; elle n’est pas, je crois, incapable d’y parvenir. Mais ses leçons ne sont point que le passé recommence, que ce qui a été hier sera demain. Examinant comment hier a différé d’avant-hier et pourquoi, elle trouve, dans ce rapprochement, le moyen de prévoir en quel sens demain, à son tour, s’opposera à hier.













