
Q291 · Le signal faible au secours de la charge cognitive
Récolter de l’information. Voilà la première étape de tout processus de décision stratégique. S’il s’agit d’un réflexe logique, ce dernier finit souvent par être contre-productif.
[…] il n’y a pas d’autre point, premier et ultime, de résistance au pouvoir politique que dans le rapport de soi à soi.
Il est aujourd’hui bien plus facile de remplir des stades payants que des bibliothèques gratuites.
Le capitalisme ne cherche pas à résoudre les problèmes : il veut les exploiter.
La première loi du comportement stratégique est l’action. En situation d’incertitude, lorsque la légitimité du pouvoir est précaire et peut être remise en cause à tout moment, celui qui n’agit pas peut être sûr que les changements auront lieu à son désavantage.
Je ne prône aucun amoralisme, aucun cynisme mais il est nécessaire de distinguer l’analyse de l’opinion ou plus exactement d’oublier la seconde lorsqu’on procède à la première. Analyser froidement ne signifie pas refuser de juger mais séparer clairement les deux étapes pour s’assurer que l’opinion que nous exprimerons ou la proposition que nous ferons s’ancre dans la réalité.
Sur dix erreurs politiques, il y en a neuf qui consistent simplement à croire encore vrai ce qui a cessé de l’être. Mais la dixième, qui pourra être la plus grave, sera de ne plus croire vrai ce qui l’est pourtant encore.
Qu’adviendra-t-il de la conscience humaine si son propre pouvoir explicatif est dépassé par l’IA et que les sociétés ne sont plus en mesure d’interpréter le monde qu’elles habitent en des termes qui ont un sens pour elles ?
Le sage/stratège envisage et « planifie » la difficulté « au stade de la facilité » est-il dit, de même qu’il « accomplit de grandes choses au stade où elles sont encore infimes » : ainsi « les choses difficiles à faire dans le monde doivent être entreprises au stade de la facilité, de même que les grandes choses dans le monde doivent être entreprises au stade de leur intimité ». Car c’est de l’infime que le sage attend l’effet. Au lieu donc d’affronter directement la difficulté, il aborde la situation en se situant au départ de l’évolution qui la conduira à se développer dans le sens souhaité; de même, au lieu d’entreprendre d’emblée de grands exploits, il débute par une intervention minimale, qu’on n’aperçoit pas, mais qui, par ce qu’elle génère d’elle-même, à titre de condition, permet ensuite d’atteindre aux plus grands résultats.
Il ne « fait » rien, en somme, n’engage rien, sans que la situation qu’il aborde n’y soit préparée : ce qui est stable, en repos, est-il constaté, « facile à tenir », ce qui est fragile « est facile à briser ». Autant dire que, pour commencer de prendre en main et de tenir, il faudra d’abord qu’on soit parvenu à cette stabilité; ou que, pour songer à briser, il faudra d’abord que soit advenue cette fragilité.
Tout l’art est dans cette capacité à prédisposer (l’autre ou le monde : par exemple, prédisposer l’autre à « écouter », ou à être défait, etc.). Aussi n’intervenant manifestement que pour répondre à l’inclination des choses, le sage/stratège ne « fait »-il rien de « difficile »; et, puisqu’il se contente d’amorcer discrètement des processus qui se développeront d’eux-mêmes, il ne fait rien non plus de « grand ». Mais c’est par là même qu’il est en mesure d’accomplir ce qui finalement « sera grand ».
Ah ! s’écria Cyrus Smith, te voilà donc redevenu homme, puisque tu pleures !






