
Q292 · L’anti-sprint pour prendre du recul sur ses (design) fictions et visions prospectives
L’anti-sprint propose une ligne de conduite méthodologique en ce sens : refuser l’injonction à la vitesse pour se donner le temps de décanter les enseignements et les premiers travaux.
Je prédis qu’Internet… sera une supernova et qu’en 1996, il s’effondrera de façon catastrophique.
Pour que le règne de l’IA advienne, il est nécessaire de remplacer le savoir par la foi.
Sur toute chose sérieuse, il faut commencer par honorer le passé. Si vous voulez vous élever, apprenez d’abord à monter sur les épaules de vos aînés. Ils ont assimilé, pensé, capitalisé. Ils on un héritage à vous léguer. Ne craignez pas d’imiter. Ensuite, et ensuite seulement, cherchez à inventer. L’histoire est aussi la somme des erreurs que vous pourrez éviter.
À partir de la construction d’un modèle, le seul rapport qu’on puisse entretienir avec l’avenir est de l’ordre de la projection (ce qui échappe au projet étant à renvoyer au domaine de hasard ou de la chance); qu’on parte du potentiel de la situation, en revanche, le rapport à l’avenir est d’anticipation : épousant la courbe régulatrice de son évolution et détectant dans la situation actuelle l’amorce de la transformation à venir, on se trouve logiquement en avance sur le déroulement. Plutôt donc que de chercher à lire des signes dans l’univers, d’en interpréter le sens et d’en déployer le symbole, plutôt que de se conduire en herméneute, en somme (notre herméneutique ayant partie liée aux origines avec la divination), le stratège est attentif aux moindres indices – prodromes d’une modification. Ce qui renvoie à une différence de fond, entre la Chine et la Grèce, dans le statut de l’invisible : l’invisible de la forme-modèle (eidos) est un invisible de l’ordre de l’intelligible – celui de l’ « oeil » de l’esprit, de la théorie; tandis que l’invisible auquel s’intéressent les Chinois est le non encore visible du fond indifférencié, en amont des processus : entre l’invisible et le visible, les stades du « subtil » et de l’ « infime » permettent d’assurer la transition, et c’est sur eux que le sage/stratège s’appuie pour s’orienter. Aussi, tout en sachant qu’il ne dispose pas de règles ou de normes pour codifier le futur, puisque le cours de la réalité est en constante innovation, est-il libre d’angoisse à son égard (cela dit à l’encontre de notre dernière mode idéologique – celle de l’ « incertitude », des « turbulences » et du « chaos » …).
Cette opération, qui consiste à modifier le contexte d’un problème, à le regarder, pour ainsi dire, avec des lunettes de couleur différente, me semble faire partie de l’essence même du processus créatif.
Un bon ordre ne contient que ce que chacun ne peut décider par lui-même.
Oui ! concert électrique ! et quels instruments ! D’après un procédé hongrois, deux cents pianos mis en communication les uns avec les autres, au moyen d’un courant électrique, jouaient ensemble sous la main d’un seul artiste !
Nous mourrons, mais nos actes ne meurent pas. Ils se perpétuent dans leurs conséquences infinies.
Passants d’un jour, nos pas laissent dans le sable de la route des traces éternelles.
Rien n’arrive qui n’ait été déterminé par ce qui l’a précédé et l’avenir est fait des prolongements inconnus du passé.







