Q326 · Comment élargir le prisme des futurs possibles grâce aux visions et aux idées issues des Suds globaux ?

25 avril 2026
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Image créée par Paula Riveros à partir de ses archives personnelles traitées avec Nano Banana.
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Lorsqu’on aborde le futur dans le cadre d’exercices spéculatifs ou d’imagination, il est fréquent d’associer l’idée du lendemain aux imaginaires les plus proches de la science-fiction. Il s’agit généralement de références populaires issues du cinéma, de la bande dessinée et de la littérature, telles que les voyages spatiaux, les robots, les manipulations génétiques ou les cataclysmes.

Ces imaginaires du futur tendent à se répéter sous deux aspects principaux. D’une part, ils répondent à un regard occidental propre aux Nords globaux. D’autre part, ils sont profondément technocentrés.

En analysant les logiques de cette pensée nord-occidentale dans les récits prospectifs, plusieurs traits s’imposent : une prédominance des valeurs de progrès en tant que processus linéaire et ascendant qui pousse à une action déterminée coûte que coûte, une volonté de contrôle et de domination de la nature liée à des concepts d’efficience centrés sur le bien-être humain, une conception séquentielle du temps, une corrélation directe entre confort et homogénéité des modes de vie, ou encore le nœud existentiel d’un individu héroïque et triomphant face à une collectivité d’anonymes perçus comme des victimes passives.

Le futur s’y exprime presque exclusivement à travers des technologies de pointe qui incarnent l’amélioration des temps ou, lorsqu’elles échappent à tout contrôle, signifient le déclin de l’humain. Par leur absence, elles manifesteraient le recul de l’humanité. Dans tous les cas, les technologies sont érigées en synonymes et en fondements de ce que l’avenir est censé devenir.

Ces images sont cruciales car elles habitent l’inconscient et modèlent nos désirs comme nos craintes. Face à cette saturation de l’imaginaire, des interrogations surgissent : qu’adviendrait-il si ces visions du futur se construisaient à partir d’autres cosmogonies et réalités, propres aux cultures des Suds globaux ? Depuis l’Amérique latine, comment imaginer des futurs désirables, tout comme ceux qu’il conviendrait d’éviter, à partir d’une perspective ancrée dans d’autres territoires et d’autres logiques ?

Le futur selon la cosmovision latino-américaine

Penser et créer d’autres alternatives de futur implique d’enrichir les fondements conceptuels de l’imagination. Il est donc essentiel d’explorer des sources alternatives pour définir ce qui est souhaitable, ce qu’il faut fuir, et comment bâtir un projet commun. Les racines latino-américaines offrent des réponses précieuses pour ouvrir le champ des possibles. Une question fondamentale guide alors nos efforts : qu’est-ce que l’Amérique latine en 2026 ?

L’analyse des imaginaires les plus diffusés révèle un risque évident, celui de l’autocaricature. Elle se manifeste par la romantisation du « système D » (el rebusque) et de l’improvisation, ou par la tentative de figer les cosmovisions indigènes via une folklorisation du passé. Ce risque réside aussi dans la réduction de la région à une esthétique caribéenne homogène, excluant ainsi la diversité des paysages et des savoirs, tout en reproduisant une simplification culturelle similaire au marketing de masse qui réduit l’identité latine à des figures comme Bad Bunny ou Karol G.

 

L’analyse des imaginaires les plus diffusés révèle un risque évident, celui de l’autocaricature.

 

Dans ce contexte, le design de futurs s’enferme souvent dans des lieux communs, comme la « tropicalisation » des tendances mondiales qui n’est qu’une adaptation superficielle écrasant les cultures, ou les approches urbanocentrées qui occultent la complexité des territoires ruraux.

Pour construire une lecture contemporaine de l’Amérique latine, il faut s’assurer que la recherche sur les modes de vie soit rigoureuse et qu’elle intègre les populations mineures ou les cultures marginalisées du récit national.

Par ailleurs, l’idée d’une décolonisation totale semble illusoire dans un panorama traversé par des siècles de métissage et de syncrétisme. Il est peu sensé de séparer radicalement « ce qui est nôtre » de ce qui est « étranger ». De même, prétendre que l’ancestral conserve une pureté immuable est irréel, car les territoires non urbanisés se connectent aux tendances actuelles.

C’est dans cette trame multidimensionnelle et cette pollinisation croisée constante que se forge l’identité latino-américaine, offrant un terreau fertile pour conceptualiser le futur.

Ce texte souhaite mettre en lumière des initiatives colombiennes : Codicefuturo.com, qui explore les futurs avec des communautés indigènes via la réalité virtuelle, et « Futurismos desde América Latina » (2026), une publication de SENSOLAB qui rassemble des essais abordant l’avenir sous l’angle des sciences humaines, de l’art et du design.

Une expérience nécessaire dans un présent aliénant

Les réseaux sociaux et l’IA tendent à renforcer des dynamiques de répétition.

Les imaginaires du futur deviennent redondants et prisonniers des logiques occidentales. Il devient donc vital d’explorer des points de départ qui ouvrent le champ des possibles : proposer d’autres systèmes de pensée, promouvoir des questions critiques et bâtir des connexions inattendues pour les faire circuler auprès de divers publics.

 

Les imaginaires du futur deviennent redondants et prisonniers des logiques occidentales.

Pour s’opposer au statu quo de la science-fiction anglo-saxonne, européenne ou asiatique, nous pourrions garder ces questions à l’esprit :

  • Et si le progrès n’était plus évalué par l’efficience, mais par la durabilité des processus et le bien-être commun ?
  • Et si le changement naissait d’une culture de la douceur, cherchant à concilier passé et demain plutôt que de survaloriser la disruption violente ?
  • À quoi ressemblerait une créativité centrée sur le vivant, incluant le règne minéral, plutôt qu’exclusivement sur l’humain ?
  • Comment concevoir une temporalité où convergent passé, présent et futur dans des horizons simultanés ?
  • Comment faire de la diversité du vivant et des sensibilités une valeur primordiale de décision ?
  • Comment passer du nœud existentiel de l’individu à celui des collectivités pour que la coopération devienne la norme ?
  • Pourrions-nous puiser l’innovation dans les technologies ancestrales à «basse résolution» ou low-tech ?

Ces questions peuvent nourrir tant la recherche que les réflexions stratégiques des organisations afin d’oxygéner les outils mentaux avec lesquels nous bâtissons demain. Dans ce cadre, la « fabulation commune » émerge comme une voie pour construire des futurs plus riches, vecteurs d’espoir.

Comme le souligne Ailton Krenak : « … nous ne pouvons pas nous rendre à un récit de fin du monde qui nous terrifie, car ce récit ne sert qu’à nous faire renoncer à nos rêves, et dans nos rêves se trouvent les mémoires de la Terre et de nos ancêtres » ( Futuro ancestral ).

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Livres de l’auteure :

Diseñando Futuros
(Ediciones de la U, 2025)

¿Cómo ampliar el espectro de las alternativas de posibles futuros con visiones e ideas que provienen de los sures globales?

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Cuando se habla del futuro en ejercicios especulativos o de imaginación es frecuente asociar la idea del mañana a los imaginarios más cercanos de la ciencia ficción: referentes populares del cine, los cómics y la literatura como viajes espaciales, robots, manipulación genética, cataclismos, entre otros.

Estos imaginarios del futuro tienden a repetirse en dos aspectos: por un lado, responden a una mirada occidental propia de los nortes globales; por otro lado, son tecnocentristas.

Revisando en qué consiste esa mentalidad y lógica norte-occidental en las narrativas del futuro, encontraremos varios aspectos: un predominio de los valores del progreso como un proceso lineal de avance en ascenso que motiva a tomar acciones con determinación a toda costa y actitud conquistadora; el deseo de control y dominio sobre la naturaleza ligado a las concepciones de eficiencia y poderío centrados en la preponderancia del bienestar humano; la concepción secuencial del tiempo; una correlación directa entre confort y homogeneidad en los estándares de vida; o el nudo existencial de un individuo heroico y ganador que cumple con un destino, frente a una colectividad de nadies que son víctimas pasivas.

Por otro lado, estos imaginarios suelen ser profundamente tecnocentristas: el futuro se expresa a través de tecnologías avanzadas que encarnan la mejora de los tiempos o, cuando se salen de control, significan el detrimento humano. Por su falta, manifiestan el retroceso de la humanidad. En cualquier caso, se ponen las tecnologías como sinónimo y fundamento de lo que se supone que será el porvenir.

Estas imágenes y narrativas del futuro son importantes porque están latentes en el inconsciente y dan forma a lo deseable y a lo temido. Frente a estas ideas que pueblan nuestra imaginación de lo que es el mañana, surgen cuestionamientos: ¿qué ocurriría si estas ideas de futuro se construyeran desde otras cosmogonías y realidades, propias de las mentalidades y culturas de los sures globales? Desde Latinoamérica, ¿cómo podrían pensarse futuros deseables tanto como aquellos que conviene evitar desde una perspectiva situada en otras mentalidades, territorios y lógicas?

El futuro desde la cosmovisión latinoamericana

Pensar y crear otras alternativas de futuro implica enriquecer los puntos de partida conceptuales de la imaginación, y de ahí la importancia de explorar imaginarios provenientes de otras fuentes de concepción de lo que significa lo más deseable, lo que se quiere evitar, el cómo construir ese proyecto de mañana y formas de relacionarse con el otro para llevar a cabo proyectos en conjunto. En las raíces de lo latinoamericano existen respuestas alternativas para abrir las posibilidades en este sentido. Aquí surge una pregunta fundamental, madre de hacia dónde dirigir los esfuerzos: ¿qué es Latinoamérica en el 2026?

Revisando los imaginarios más difundidos de lo latinoamericano, donde aparece un riesgo evidente: la autocaricaturización manifiesta en la romantización del “rebusque” y la improvisación, así como el intento de fijar las cosmovisiones indígenas mediante procesos de folklorización del pasado. También el riesgo existe en la reducción de la región a una estética caribeña homogénea. Esto puede excluir la diversidad de mentalidades y sensibilidades, geografías y paisajes, saberes y materialidades, reproduciendo lógicas de simplificación cultural similares a las del mercadeo masivo global que equipara todo lo latino a personajes como Bad Bunny ou Karol G.

 

El análisis de los estereotipos más extendidos pone de manifiesto un riesgo evidente: el de la autocaricatura.

 

En este contexto, los ejercicios de análisis de tendencias y de diseño de futuros suelen quedarse en lugares comunes: la “tropicalización” de tendencias globales, que es una simple adaptación superficial que achata culturas, o en los enfoques urbanocentristas que invisibilizan la riqueza y complejidad de los países latinoamericanos en la vastedad de sus territorios.

Para comenzar a construir la vía de una lectura de lo latinoamericano contemporáneo se debe tener claridad de no caer en ambos lugares comunes y que los procesos de investigación de tendencias de estilos de vida y de entorno sean serios en términos de dar cuenta de lo que sucede en lo local, y que lo local cubra lo rural, las pequeñas poblaciones, las minorías del territorio o las culturas marginadas del relato de país. 

Por otro lado, desde la investigación de quiénes somos, debería estar definido que la idea de una decolonización total resulta ilusoria en un panorama atravesado por siglos de mestizaje, sincretismo cultural y superposición de cosmovisiones y temporalidades, en donde no tiene sentido separar “lo nuestro” de lo “foráneo”. También resulta irreal pretender que lo ancestral se conserve en su pureza del pasado cuando las poblaciones y territorios no urbanizados en Latinoamérica, de alguna u otra forma, se conectan con las tendencias del hoy y en esa mixtura se encuentran problemáticas, pero también oportunidades para perpetuarse.

La identidad latinoamericana y su riqueza se configuran precisamente en esa trama multidimensional y en una polinización cruzada constante de elementos y con esta perspectiva podría comenzarse a investigar y a conceptualizar elementos que alimenten procesos de diseño de futuros.

Futurismos desde América Latina

Este texto no pretende ser un compendio exhaustivo, pero sí abrir la reflexión hacia iniciativas que en Colombia están explorando nuevas formas de imaginar el futuro desde narrativas alternativas: Codicefuturo.com, es un proyecto donde se exploran los futuros desde el trabajo con comunidades indígenas, profundizando en sus cosmogonías y experimentando con medios como la realidad virtual, la ilustración digital y el videojuego.

 “Futurismos desde América Latina” es una publicación de 2026 por la editorial SENSOLAB Micro-ediciones de la Pontificia Universidad Javeriana, en donde se recopilan 12 ensayos para aproximarse al futuro desde las ciencias humanas, el arte o el diseño de Latinoamérica, dando profundidad a los debates y cuestionamientos.

Estas iniciativas permiten expandir los imaginarios disponibles y ofrecen marcos distintos para abordar los desafíos contemporáneos.

Un experimento necesario en un presente alienante

Las redes sociales y la inteligencia artificial tienden a reforzar dinámicas de repetición, homogeneización y encierro en burbujas de información.

Los imaginarios de futuro pueden volverse redundantes y limitados, reforzando relatos de futuro bajo las lógicas occidentales ya mencionadas. Por ello, resulta cada vez más necesario explorar puntos de partida que abran posibilidades: proponer otros sistemas de pensamiento y mentalidades, promover preguntas críticas, construir conexiones inesperadas para luego poner estas ideas en circulación en múltiples espacios y grupos de personas.

 

Las visiones del futuro se vuelven repetitivas y quedan atrapadas en la lógica occidental.

 

Para generar un primer paso hacia la exploración de estos nuevos imaginarios y en contraposición al statu quo del futuro desde la ciencia ficción anglosajona, europea o asiática, podríamos tener estas preguntas en mente:

 

¿Qué pasaría si para diseñar el futuro, el progreso no fuera evaluado por la eficiencia y rapidez, sino por la sostenibilidad de los procesos y el bienestar del común?

¿Qué pasaría si el cambio se fomentara desde la cultura de forma suave y tranquila, buscando conciliar el pasado y el mañana en lo que sea más perdurable y significativo, en vez de sobrevalorar la disrupción violenta?

¿Cómo sería una creatividad centrada en las vidas, incluyendo la conservación de la existencia de lo mineral, en vez de estar centrada exclusivamente en el humano?

¿Cómo podemos concebir un manejo de la temporalidad en donde convergen el pasado, el presente y el futuro en horizontes que se entrelazan simultáneamente?

¿Cómo la diversidad y pluralidad de los seres vivos, las estéticas, los materiales y sensibilidades puede ser un valor primordial en la toma de decisiones?

¿Cómo pasamos de un nudo existencial del individuo, o de un solo conjunto de individuos, a uno de las colectividades para que la cooperación sea la norma?

¿Podríamos revisar las tecnologías ancestrales de baja resolución para encontrar allí innovación?

Estas preguntas pueden llevarse tanto a la investigación para corroborarlo por fuentes primarias, como a las mesas de trabajo donde se realicen las propuestas estratégicas de instituciones, organizaciones, empresas o colectividades organizadas para oxigenar el juego de herramientas mentales con los que las personas emprenden un proyecto con continuidad hacia el mañana.

En este marco, la “fabulación común”, entendida como el ejercicio colectivo de tomar acción empezando por abrir los imaginarios que tenemos del mañana, emerge como una posible vía para explorar los sures y construir futuros más ricos que sean materia prima para la construcción de nuevas formas de esperanza.

Trayendo una frase de Ailton Krenak: “… nosotros no podemos rendirnos a una narrativa de fin de mundo que nos aterra y nos ensombrece, porque esta narrativa solo sirve para hacernos desistir de nuestros sueños, y dentro de nuestros sueños están las memorias de la Tierra y de nuestros ancestros”. ( Futuro ancestral ).

 

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Libros escritos por la autora :

Diseñando Futuros
(Ediciones de la U, 2025)

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